Avant les élections présidentielle et législatives, une expression du Réseau Langues et Cultures de France

Toute langue est à la fois un mode de communication commun et un moyen de différenciation, d’une part par rapport aux autres langues, d’autre part entre ses locuteurs eux-mêmes ; et à ce titre, moyen fondamental d’échange et d’enrichissement humain, donc de culture.

Ainsi toute langue ne vit que grâce à des emprunts, à la fois internes et externes; on ne connaît bien sa langue que si l’on en connaît d’autres.

Disposer de plusieurs langues est donc un sérieux avantage, plus : une absolue nécessité dans un monde riche de plus de 5000 langues.

La France a la chance de disposer d’un important patrimoine, en métropole et encore plus outremer, patrimoine historique ancien d’une part, ou récent grâce aux immigrations successives. Il s’agit donc de considérer qu’une langue est un moyen d’ouverture et non de fermeture communautaire, que langue commune nationale, avantage assurément, ne peut en aucun cas se réduire à langue unique. C’est cette ouverture qui, suivant les recommandations de l’UNESCO, doit s’imposer aux orientations de politique linguistique de notre pays, en promouvant à la fois la nécessaire diversité de la présence des langues sur notre territoire et la langue nationale, face à la pression de l’anglais des grandes industries culturelles et économiques.

C’est dans le cadre de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France qu’il faut mener cette politique nationale, en relation, compte tenu de la diversité des situations, avec les collectivités territoriales concernées, avec l’ambition de favoriser les offres dans le respect de la liberté de choix pour les citoyens, au delà de l’apprentissage renouvelé de la langue nationale, en relation avec des moyens nouveaux pour la recherche dans ces domaines. Ce qui oblige à développer en priorité le service public, dans la perspective d’une obligation scolaire depuis 3 jusqu’à 18 ans. De même, au niveau des médias et des activités culturelles, c’est une perspective d’ouverture et d’échange qui est à privilégier.

Ce sont donc des assises décentralisées puis au niveau national qui devront faire l’état des situations et proposer les mesures nécessaires, avec la participation des organisations linguistiques et culturelles et des collectivités territoriales concernées.

« Pour développer le partage du sensible et de l’imaginaire au même titre que celui des savoirs et de la connaissance, fondement d’une culture commune indispensable au vivre ensemble, respectueuse de toutes les diversités, y compris les plus minorées, la loi créera les conditions d’une véritable démocratie culturelle par l’éducation artistique à l’école, l’éducation populaire, le retour de la culture au cœur du travail.
« Pour aider à la prise de conscience de l’enrichissement que constitue la rencontre et la relation entre les cultures, la loi favorisera l’ouverture au monde et la fabrique d’une mondialité culturelle. » (Les communistes proposent La France en commun, p. 37)

Nul n’ignore le débat que nous avons été amenés à conduire avec les adversaires divers de l’apport irremplaçable des Langues et Cultures de France au patrimoine culturel de la France, de l’Europe et du Monde, notamment parmi un certain nombre de partisans de JL Mélenchon.

Ce débat, nous entendons continuer à le mener : c’est dire que pour nous, l’étape politique actuelle ne signifie en aucun cas un quelconque ralliement à des positions d’assimilation entre promotion des langues et communautarisme.

Nous sommes donc toujours disponibles pour continuer ce débat nécessaire, parmi d’autres, comme l’indique Pierre Laurent dans l’intervention que nous reprenons ci-dessous :

Pierre Laurent :  les Français sont en train de prendre la parole » Samedi 15 avril

Evoquant la Guyane, les banlieues, les territoires ruraux, tout comme les manifestations aussi bien de gardiens de prison que les revendications des handicapés, Pierre Laurent a fait ce constat :

« Tous disent être les oubliés de la République, partout nous l’entendons dans cette campagne. Mais c’est qu’en réalité nous sommes tous les oubliés de la politique de rentabilité, de la finance et de ce système ! » Mesurant qu’un « autre monde est possible, qu’un autre monde est à notre portée », il a appelé à se mobiliser pour voter Jean-Luc Mélenchon le 23 avril. « La bataille pour un autre monde ne passe pas seulement par l’élection présidentielle, mais elle passe à l’évidence par l’élection présidentielle. Il y a des débats et il y en aura encore, c’est évident, mais porter Jean-Luc Mélenchon au second tour de ce scrutin est le chemin le plus court », a-t-il insisté.

Se projetant déjà dans la suite du combat, Pierre Laurent a rappelé que « les législatives seront elles aussi à gagner. Une victoire présidentielle serait réduite à néant sans victoire aux législatives et sans majorité qui donne sa place à toutes les sensibilités de la gauche : les communistes, la France insoumise, les écologistes, Ensemble et les socialistes anti-austérité ». Appelant à faire « entrer le peuple à l’Assemblée nationale », ambitionnant de « faire beaucoup plus que sept députés PCF », il a retenu ce mot d’ordre : « là où nous sommes les mieux placés pour gagner, ne pas se diviser ».

« Quoi qu’il arrive, un nouveau rapport de force aura été installé avec cette campagne », a-t-il enfin souligné, invitant à déjouer le scénario préétablis.

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Une réponse à Avant les élections présidentielle et législatives, une expression du Réseau Langues et Cultures de France

  1. Eliane Pignol dit :

    Je ne doute pas , que , si JLM était élu , ce que je souhaite, il serait possible et indispensable de continuer ce débat sur le nécessaire soutien à toutes les langues minoritaires, richesse incommensurable de notre patrimoine commun , à nous, français de tous les continents et citoyens du monde.

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